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Quel décolleté choisir quand on est une femme transgenre ?

En jupe et soutien-gorge, devant la penderie… un amas de pulls, tops, blouses et bodys sur le lit… Ce n’est pas « j’ai rien à me mettre », c’est «  rien ne me va » !

Ce genre d'hésitation, beaucoup de femmes trans la connaissent : trop triste, trop moulant, trop mémé, trop sexy, trop coloré, trop transparent ! 

Et si, avant même de regarder la forme, la couleur ou le motif, on commençait par regarder l'encolure ?


Le col qu'on choisit ne se contente pas d'habiller, il modifie aussi notre silhouette et, sans que l’on ait besoin de dire quoi que ce soit, raconte quelque chose de nous, de notre état d’esprit, de notre assurance.



Le décolleté n'est pas une recette pour « faire femme ». C'est plus subtil que cela. Il peut atténuer visuellement une carrure, donner davantage de présence au buste, équilibrer des proportions qui nous gênent. Mais il peut aussi simplement correspondre à notre humeur du jour : sage, séductrice, discrète, assurée, réservée ou conquérante.


Il n'existe pas de col miraculeux, et surtout pas de col universel pour les femmes trans. C’est à chacune d’analyser objectivement ce que chaque forme implique sur sa silhouette, puis, en connaissance de cause, décider ce qu'on a envie d'en faire : corriger une carrure un peu large ? Valoriser une poitrine naissante ? Ou juste se faire plaisir ?


Tour d’horizon


Le col roulé, pour commencer en douceur


On lui prête volontiers une réputation austère. Pourtant, il fait un excellent allié quand on ne veut pas attirer l'attention sur le décolleté lui-même.


Très près du cou, il ferme visuellement le haut du corps et attire le regard vers le visage. Sur une silhouette où l'on souhaite atténuer la présence des épaules, il évite aussi de créer une ligne horizontale ouverte entre le cou et les épaules. Chez certaines d’entre nous, il peut atténuer également une mâchoire un peu carrée, en coupant la ligne verticale avec le cou ( mais cela dépend de sa hauteur, de sa finesse… ), ou masquer une pomme d'Adam un peu trop proéminente.

Porté sur une veste cintrée, il donne une silhouette très nette.


Sobre, élégant, en noir, marine, camel, ou même crème ou blanc ( pour les plus fines d’entre nous ), il fait partie des « basics » à avoir dans sa garde-robe.

J'en porte souvent en fin d'automne, sous une veste ajustée. 


Le piège ? Un col trop épais, trop lâche ou trop court : il alourdit le cou et fait disparaître la ligne du vêtement.

Le petit plus cocooning ? Un bon gros pull à gros col roulé tout doux pour les soirées d’hiver devant un bon bouquin ( non, je n’ai pas dit devant Netflix ! )


Le col en V, le plus polyvalent


À l'inverse du roulé, qui referme le buste, le col en V l'ouvre ; juste ce qu’il faut. S'il fallait n'en garder qu'un, ce serait probablement celui-là.


Le V crée une ligne qui conduit le regard vers le centre du buste. Pour une femme trans qui trouve ses épaules trop présentes, il aide à rompre leur ligne horizontale et donne davantage de verticalité au haut du corps. Pour une silhouette déjà fine, il prolonge simplement cette impression de longueur.


C'est aussi une encolure qui permet de doser très facilement l'effet recherché. Un V modéré reste discret ; plus il descend, plus le décolleté devient le point focal de la tenue.


Jane Birkin en a fait un élément récurrent de son vestiaire : chemises ouvertes, débardeurs, pull en cachemire. Ce qui m'intéresse chez elle, c'est cette idée qu'un décolleté dessine une ligne sans chercher à fabriquer artificiellement une poitrine.


Me concernant, c’est un must dont j’ai du mal à me passer. 

Et j’avoue une petite tendance à les choisir profonds ; juste assez pour que l’on devine très légèrement le début du sillon mammaire. Le piège ? attention lorsque l'on se penche. Outre le risque (pas si grave) de révéler la dentelle de votre soutien-gorge, il pourrait bien dévoiler ce qu'il y a sous cette dentelle, et pour certaines d'entre nous, ce serait vraiment dommage !


Le bateau, pour jouer avec les épaules


Là où le V concentre le regard vers le centre, le col bateau fonctionne à l'inverse : sa ligne horizontale attire l'œil vers les épaules et les clavicules.


Pour une femme trans qui souhaite donner davantage de présence au haut du corps ou équilibrer des hanches plus larges, c'est une piste intéressante. À l'inverse, si l'on cherche à minimiser une carrure déjà présente, un col bateau très large reste un risque majeur.


Tout se joue dans la largeur du col et dans la manière dont il est construit. Un bateau près du cou n'aura pas le même effet qu'une encolure qui découvre largement les épaules. Le même col reste ainsi tantôt un outil de correction, tantôt un choix purement esthétique, selon ce qu'on lui demande. À titre personnel, je n'en porte pas ; le fautif ? quelques années de natation ! Le piège ? trop haut, il coupe "brutalement" le visage du cou et peut mettre en avant la pomme d'Adam.


Le carré et le bénitier, pour donner de la structure ou du volume


Autre logique encore avec le carré et le bénitier, qui misent moins sur la ligne que sur le cadre. Le décolleté carré a quelque chose de très graphique. Ses lignes nettes encadrent le haut du buste et donnent de la structure, même lorsque la poitrine est discrète. Il n'est donc absolument pas réservé aux femmes très bien pourvues.


Ce qui change tout, c'est la construction du vêtement : un bustier structuré ne produira évidemment pas le même effet qu'un débardeur souple à encolure carrée.


Le bénitier fonctionne autrement. Son drapé apporte du mouvement et crée du volume visuel sans avoir recours à une construction aussi rigide. Il devient intéressant lorsqu'on souhaite donner davantage de présence au buste tout en gardant quelque chose de souple.


Le pigeonnant ? C’est vous qui voyez !



Le carré et le bénitier structurent ou suggèrent ; le pigeonnant, lui, ne demande pas vraiment d'interprétation : il concentre l'attention sur la poitrine.


C'est précisément pour cela qu'il est plus exigeant. Le soutien doit être adapté, le tissu doit rester en place et surtout, la coupe doit fonctionner avec la poitrine que l'on a, et non avec celle du mannequin qui portait le vêtement sur la photo.


Pour une femme trans, ce dernier point demande souvent un peu plus d'essais. Les vêtements prêts-à-porter ne sont pas toujours conçus pour toutes les combinaisons de largeur d'épaules, de tour de poitrine et de taille que l'on peut rencontrer. Ce n'est pas forcément le corps qui ne convient pas au vêtement : parfois, c'est simplement le patron qui n'est pas le bon.


Personnellement, je porte le pigeonnant de façon très exceptionnelle ! Et quand c'est le cas, j'apporte un soin permanent à me tenir bien droite. Le piège ? Attention à la tenue des prothèses, pour celles qui en portent. Sinon, le seul risque, c'est d'attirer tous les regards.


Le charme est dans le détail


Quelle que soit la forme choisie, détail minuscule peut faire toute la différence. Un décolleté ne séduit pas forcément par ce qu'il montre, mais par ce qu'il laisse deviner.


Quelques millimètres de dentelle qui dépassent d'un chemisier. Une bretelle de soutien-gorge à peine visible sous un col bateau ou bénitier, comme un aveu discret plutôt qu'une négligence. Un pendentif dont la longueur, choisie avec soin, vient poser le regard exactement là où l'on veut qu'il s'arrête, sur un sillon à peine esquissé ou sur un grain de beauté bien placé. Ces détails-là, parfois, plus que la forme du col elle-même, donnent son charme à un décolleté.


Le décolleté se joue aussi dans les associations


On pense souvent l'encolure vêtement par vêtement, alors que le résultat se joue aussi beaucoup dans la superposition.

Un lourd sautoir peut empêcher un décolleté très profond de s'ouvrir inopinément, tout en accentuant la ligne verticale qui allonge le haut du corps. Une veste très ouverte portée sur un caraco ton chair suggère un décolleté sans réellement l'exposer. La même veste, portée sur un body en dentelle, raconte immédiatement autre chose.

Un top carré ou un body "danseuse" sous une veste ouverte produit encore un autre effet : la peau apparaît comme un rectangle très précisément délimité. C’est carré… ça dit ce que ça dit ! ;-)


Les bretelles ? D'une certaine manière, elles font partie du décolleté


Un top à fines bretelles ne découvre pas seulement la poitrine. Il découvre aussi l'épaule, et cette petite surface de peau change immédiatement la lecture du haut du corps.


Si l'on souhaite atténuer une carrure, des bretelles très fines attirent parfois davantage l'attention sur les épaules qu'on ne le voudrait. Si, au contraire, on aime ses épaules et ses clavicules, elles deviennent un élément essentiel de la tenue, et ces fins liens de tissu une arme de féminité massive ! 


La même encolure produit donc un effet très différent selon ce qui l'entoure : manches, bretelles, veste, bijoux ou simplement peau nue.

Et les boutons ?


Sur une chemise, ouvrir un bouton supplémentaire change progressivement la profondeur du V et la quantité de peau visible. Mais il n'existe pas de nombre idéal : tout dépend de la coupe, de la matière et de ce que l'on porte dessous.

Deux boutons ouverts restent très sages avec un débardeur dessous et deviennent beaucoup plus audacieux sans rien entre la chemise et la peau.

C’est comme le reste, ça se dose, en fonction de notre humeur, du lieu, des circonstances. 



Ne pas négliger la posture


Aucun col ne tombe exactement comme sur le cintre.


Une posture très fermée modifie le tombé d'un V, fait remonter certains cols ou change la façon dont un bateau repose sur les épaules. Une posture plus ouverte permet généralement au vêtement de retrouver la ligne prévue par sa coupe.


Pas besoin de se tenir droite comme un piquet. Il suffit souvent de laisser les épaules se placer naturellement et de ne pas lutter contre le vêtement.

L’assurance avec laquelle on va porter ce décolleté va devenir un " booster ". " Booster " de passing, "booster " d'assurance, de confiance en soi : je suis ce que je suis, je porte ce que je veux, je me sens bien dans cette tenue que j’ai choisie avec soin… Je suis fière, je me tiens droite, je regarde au loin, j’ouvre mes épaules, je souris… Le monde m’appartient. Et soudain, je ne pense plus à mon décolleté. Je le porte.


Il n'y a pas de décolleté " pour femme trans ",


mais le choix du décolleté reste très important : il permet de doser très finement ce que l'on veut atténuer, ce que l'on veut mettre en valeur et ce que l'on préfère laisser tranquille. ( Et ce dosage peut changer complètement d'un jour à l'autre ).


C'est peut-être la chose la plus simple à retenir : le col roulé, le V, le bateau, le carré ou le pigeonnant ne sont pas des solutions de féminité. Ce sont des formes qui produisent des effets différents sur une silhouette, le reste, c’est votre choix ; et ce choix peut provoquer des effets différents sur votre attitude.


Certains jours, je choisis mon col pour ma silhouette. D'autres, je le choisis uniquement pour moi.

Et parfois, je mets simplement un col roulé… parce qu'il fait froid ! Note : photo en club ( paragraphe, "décolleté pigeonnant" ) générée par une IA

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