Fondation Cartier pour l'Art Contemporain
- Glawdys de Villandry

- 27 juil.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 août
Deux heures pour quarante ans d'art : le pari perdu de la Fondation Cartier
Deux heures. C'est le temps que je m'étais accordé pour visiter Exposition Générale, à la nouvelle Fondation Cartier du Palais-Royal. Une candeur de néophyte, je le confesse d'emblée : quarante ans de collection, six cents œuvres, cinq plateaux mobiles à parcourir... j'aurais dû me douter que je n'en verrais qu'une fraction, et que cette fraction ne me parlerait pas toute entière.

Le lieu, d'abord. Il faut le dire sans détour : c'est superbe. Jean Nouvel a évidé ce grand magasin haussmannien du XIXe siècle pour y loger une véritable machinerie : planchers qui montent, qui descendent, perspectives qui se recomposent à chaque étage. On ne sent pas la prouesse, elle nous emporte.
Et pourtant. C'est peut-être là que le bât blesse. Cette liberté de circulation, si modulable, si généreuse sur le papier, ne m'a pas aidée à entrer dans les œuvres. Je me suis souvent retrouvée à errer plus qu'à découvrir, cherchant un fil que l'architecture, à force de vouloir s'effacer devant l'art, finit peut-être par brouiller.
Sur le fond, mon bilan est maigre et je le dis sans complexe, moi qui parviens d'ordinaire à trouver une porte d'entrée dans l'art contemporain, même le plus hermétique en apparence. Trois œuvres, seulement trois, m'ont vraiment saisie :
• Les panneaux de Cai Guo-Qiang, nés d'explosions de poudre à canon ; une violence maîtrisée, presque calligraphiée, qui m'a franchement interpellée.

• Les décors monumentaux de Freddy Mamani, avec leurs géométries flamboyantes puisées dans l'iconographie tiwanaku et l'esprit des fêtes populaires andines : une explosion de couleur et de joie collective qui tranchait sur le reste.

• Et l'installation typographique infinie de Bernie Krause, Night Would Not Be Night Without the Cricket, impressionnante par sa dimension et son contenu, un fourmillement de mots extraits de sa propre base de données, constituée tout au long de sa carrière d'acousticien.

Pour le reste ? Rien. Pas d'hostilité, pas de rejet. Ce n'est pas si fréquent chez moi, et ça m'interroge davantage sur la scénographie que sur les œuvres elles-mêmes.
Time Out pointait déjà, cette tension entre une architecture qui fascine et un art qu'elle risque d'éclipser — un parcours où l'on ressort parfois désorienté, autant par le bâtiment que par l'abondance. Les avis de visiteurs, eux, se partagent nettement entre ceux qui parlent d'expérience inoubliable et ceux, comme moi, qui en ressortent avec le sentiment d'être passés à côté de quelque chose sans savoir précisément de quoi.
La directrice artistique de la Fondation s'en défendait dans Le Monde : l'esprit du lieu ne serait pas celui d'une cathédrale où il faudrait toujours faire plus grand. J'aimerais la croire. Mais quand le contenant impressionne davantage que le contenu, la nuance devient difficile à tenir.
Alors oui, il faudra que j'y retourne, avec plus de temps, et sans doute avec moins d'attentes sur ma propre capacité à tout absorber en une visite. Mais pour l'heure, mon sentiment se résume à ceci : l'architecture a gagné son pari, mais que l'exposition, elle, ne l'a pas encore fait. Mais cela, évidemment, n'engage que moi ! Note : paragraphe sur la presse compilée et écrite avec l'aide d'une IA




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